ERIC CLAPTON's
DISCOGRAPHY

ORIGINAL SESSIONS
Produit et arrangé par The Dominos.
Producteur exécutif : Tom Dowd.
Ingénieurs d'enregistrement : Ron Albert, Carl Richardson, Mac
Emmerman.
Peinture de couverture : frandsen de Schonberg.
Assemblage : Bruce McCaskill.
STT : Albee (Piano et Assistance Technique).
THE LAYLA SESSIONS - 20th ANNIVERSARY EDITION
Produit par Bill Levenson.
Mixé par Steve Rinkoff.
Ingénieur assistant : Dan Gellert.
Masterisé par Bob Ludwig au Masterdisk de New York.
Edition numérique par Scott Hull au Masterdisk de New York.
Direction artistique par Mitchell Kanner et George Lebon.
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Rock & Folk
Avril 2001 |
En 1969, l'homme marche sur la lune et Eric Clapton
redescend sur terre. Lassé, épuisé par le sordide
panier de crabes qu'est devenu Cream, il décide de former un
groupe avec Stevie Winwood, de Traffic. L'échec de Blind Faitfi,
supergroupe réduit à étoffer son répertoire
scénique de chansons des Stones pour ne pas puiser dans de trop
récents et douloureux souvenirs, entraîne Clapton dans
une virée américaine. Un premier album solo modestement
intitulé "Eric Clapton"
montre l'ex-guitar heroe se cachant au sein d'une sympathique mafia
de musiciens chevronnés. Il en retrouve certains lors des séances
pour le triple "All Things
Must Pass" de George Harrison. Et c'est donc tout affectueusement
que lorsque le pianiste Bobby Whitlock, le bassiste Cari Raddle et le
batteur Jim Gordon quittent Delaney And Bannie, Clapton leur fait une
proposition conséquente, devenir son groupe. Le quatuor effectue
une rapide tournée anglaise - Clapton exige des places à
10 francs et sourit sur scène certains soirs - puis s'envole
pour Miami où Tom Dowd l'attend aux Studios Criteria. Clapton
veut retravailler avec Dowd, prometteur ingénieur du son de "Disraeli
Gears" qui a peaufiné là de nombreux singles
pour Wilson Pickett ("Hey Jude") ou Àretha Franklin.
Première stupéfaction : le dieu de la six cordes arrive
avec un matériel réduit. Alors que Cream privilégiait
les doubles Marshall, Clapton joue désormais sur un petit ampli
Fender Champ. Mais Clapton traîne avec lui un secret aussi gros
que son matériel est petit : il est tombé amoureux de
Patti Boyd Harrison, femme du soliste des Beatles, son meilleur ami.
A ce stade de leur histoire, Clapton et Patti se sont contentés
de vaguement flirter. Inconsolable, le guitariste consomme de plus en
plus d'héroïne, relit le poète persan Nizami, auteur
du "Conte de o Layla et Majoun", et cultive un cafard noir.
C'est tout cet environnement qui préside au monumental double
album qui sortira après deux mois de séances lentes comme
une agonie. D'ailleurs les premières journées de travail
(à partir du 24 août 1970) ne mènent à rien.
Tom Dowd se souvient que Whitlock avait deux chansons, Clapton une poignée
de blues. Surpris, le producteur Fait |ammer le groupe, sans qu'aucun
groove satisfaisant ne sorte de ces séances. Un après-midi,
Duane Allman appelle. Les Allman Brothers jouent à Miami... Clapton
et les Dominos foncent au concert - la légende prétend
que Dickey Betts aurait frôlé la crise cardiaque en découvrant
Eric Clapton au premier rang - et kidnappent littéralement Duane
Allman, ramené à trois heures du matin chez Criteria.
Les deux guitaristes commencent à jammer et un véritable
feu d'artifice sonique semble exploser dans le studio (cette première
jam durera dix-huit heures, épuisant trois équipes d'ingénieurs).
Clapton et Duane, l'Anglais et l'Américain, se sont trouvés.
Chacun fou d'admiration pour le jeu de l'autre, ils parlent boutique,
échangent les guitares, rivalisent d'audace. Après une
époustouflante variation sur le "Killing Floor" de
Howlin Wolf, Duane repart en tournée, promettant de revenir sous
huitaine. A partir du premier septembre, les dés sont jetés.
Avec sa faconde, sa gentillesse et sa générosité
inouïe, Duane serale catalyseur de l'album, celui qui indique au
groupe le bout du tunnel, terminant "Anyday" d'une partie
de slide, ralentissant certains titres, en accélérant
d'autres. Ce qui rend la tâche du mélomane réellement
ardue, c'est qu'à l'arrivée, il est pratiquement impossible
de dire qui joue quoi. Telle partie de pur Duane Allman n'est-elle pas
un hommage affable de Clapton ? Tel triolet portant signature de Clapton
ne s'achève-t-il pas par une ironique griffe de slide indiquant
derechef le doigté allmanien ? Dès le retour de Duane,
la musique s'était envolée, alimentée par une exceptionnelle
consommation de drogues. Qui n'agit pas sur les séances nocturnes,
les musiciens passant leurs |ournées entre saunas, bains de soleil
et piscine. La nuit, pour l'ingénieur Karl Richardson : "Nous
savions ce qui se passait. Il aurait fallu être sourd pour ne
pas saisir la hauteur de la musique venant du studio B. " Philippe Manoeuvre - La bibliothèque idéale N°31 |

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