E.C et BLACKY
VUS PAR GUITAR ET BASS (07-95)














CLAPTON
DIEU & SON AME



Admirablement mince, les cheveux coupés court, Eric Clapton a l'air en forme et détendu. Il s'est enfoncé dans un énorme canapé en cuir, flanqué d'une paire de Fender Stratocaster Custom Shop. Ces guitares ne sont pas les plus précieuses de sa vaste collection, mais elles lui inspirent une certaine affection. Quand on parle de guitare, Eric Clapton oublie ses 50 ans et redevient un gamin enthousiaste. "A l'école, plutôt que d'écouter les cours de littérature anglaise et d'histoire, je rêvais de guitare. Je dessinais des guitares au lieu de travailler. J'aimais l'instrument à ce point. J'adorais les regarder, elles étaient magiques pour moi." Depuis, la guitare électrique lui a rendu cet amour au centuple. Alors, à son tour, Clapton a décidé de rendre hommage à l'instrument et aux musiciens qui l'ont porté à la situation enviable qu'il occupe aujourd'hui.
A moins d'habiter dans une caverne au fond des bois, vous devez vous souvenir que Clapton a récolté une brassée de Grammies, écoulé des millions d'exemplaires d'"Unplugged", et présidé l'habituelle série de concerts surbookés du Royal Albert Hall de Londres. On a pu dire de lui qu'il était un fils d'ouvrier en Armani un peu oublieux de ses racines, mais c'est un autre Clapton, fragilisé par la mort tragique de son fils Connor en 1991, qui a su regagner la sympathie du public. Et tandis qu'une bonne partie de ses contemporains se contentait de founur du Greatest 1-hts ou de la reprise approximative à la demande, le guitariste au jean délavé a confirmé son engagement envers le blues à coups de concerts purs et durs puisant dans le catalogue d'artistes comme Scrapper Blackwefl, Robert Johnson, ou Big Maceo Menyweather (exactement le style de cocktail que "Frorn the Cradle" nous donne à entendre aujourd'hui). Les noms de Buddy Guy et Otis Rush reviennent souvent dans la conversation qui va suivre, preuve que Clapton a l'intention de suivre la trace des grands bluesmen. Il semble qu'Eric applique à la lettre, mais avec autrement plus de succès, la politique de retour à la simplicité prônée par le Gouvernement de Sa Majesté la Reine d'Angleterre.


LEO-BUDDY-JIMI
CONTRE LES-FREDDIE-JIMMY


La Stratocaster, outil de choix du Maître ouvrier Clapton, célébrait l'an passé son quarantième anniversaire. De toute évidence, l'immortelle création de Leo Fender n'a rien perdu de son attrait initial. Souvenir d'un coup de foudre : "La première Strat que j'ai vue était celle de Buddy Holly sur la pochette de son premier album, The Chirping Crickets. J'étais sidéré. Je n'arrivais pas à saisir comment ce truc pouvait être en bois. Vers cette époque, je me souviens aussi avoir vu une réclame pour Jerry Lee Lewis où l'on apercevait une Telecaster Bass (Jay Brown, bassiste de Jerry Lee, fut l'un des premiers utilisateurs de Precision Bass, on le voit en jouer dans le film "High School Confîdential"). Une fois de plus, j'étais stupéfait. La P-Bass était vraiment futuriste. Et pour bien comprendre l'impact qu'a eu la Stratocaster, il faut revenir un peu en arrière, se pencher sur l'histoire de la guitare électrique, dénicher de vieux films qui montrent sur quoi les guitaristes jouaient à l'époque., Beaucoup d'entre eux - tels Bill Haley ou Scotty Moore jouaient sur de grosses guitares jazz très encombrantes. Tous les musiciens présents sur les premiers albums de rock'n'roll jouaient de ces gros instruments." Si Buddy Guy et Otis Rush sont aujourd'hui ses mentors, Clapton a retenu l'influence des musiciens du circuit folk/blues anglais comme Jesse Fuller ou Josh White, et chacun sait que l'intégralité du répertoire blues des Yardbirds provenait d'un album compilation de Chicago Blues rempli de morceaux signés Billy Boy Amold (1 Wish You Would), Snooky Prior, et quelques autres. Même si l'approvisionnement en disques de blues était limité à l'époque, Anthony "Tom" Tophain (qui abandonna sa place de guitariste dans les Yardbirds au profit de Clapton le jour où ses parents décidèrent qu'il était trop jeune pour devenir musicien professionnel) souligne qu'Eric avait sur ses congénères un avantage certain. "Dès 1964, les amateurs de guitare mentionnaient le nom d'Eric. J'ai découvert qu'il recevait un tas d'albums rares par le biais d un Disc Jockey de blues nommé Guy Stevens, qui possédait des disques de Freddie King, Buddy Guy, et d'autres artistes dont personne n'avait encore entendu parler en Angleterre. Eric sortait tous ces riffs incroyables sans arrêt. Des années plus tard, j'ai su d'où ils venaient."


Claude Gassian
Clapton reconnaît notamment que sa première rencontre avec la musique de Freddie King avait été une expérience bouleversante. "Sur la pochette de l'album "Freddie King Sings The Blues" du label King, on voit Freddie avec une Les Paul - une Gold Top je crois. Je voulais avoir ce son-là, et je suis parti chercher une Les Paul. Pendant les premières années de ma carrière, je suis resté un Gibsonman, et puis Buddy Guy est arrivé, et j'ai réalisé qu'il jouait sur Strat. Je joue depuis de longues années et j'ai eu beaucoup d'idoles, mais si l'on considère que Buddy Guy est encore bien vivant et qu'il a la santé d'un jeune homme, je pense pouvoir dire qu'il est ma plus grande influence." C'est évidemment la Gibson Les Paul qui accompagna Clapton dans son ascension. En quittant les Yardbirds - à cause de leurs tendances pop - Clapton acheta une Les Paul Standard et un combo Marshall 50W 1962. Quand John Mayall l'eût persuadé de rejoindre les Bluesbreakers, Clapton fit aussitôt des ravages à la tête de l'équipe Gibson/Marshall. Son confrère et producteur de l'époque, Jù-mny Page, ajoute qu'Eric fut sans aucun doute le premier à exploiter la combinaison GibsonIMarshall. J'étais son producteur en 1965, et l'ingénieur du son paniquait en écoutant les sons qu'il sortait. Au bout d'un moment, il a carrément éteint le magnéto en disant : "Impossible d'enregistrer ça." Clapton admet que son jeu était alors totalement sous influence. "Je réécoute parfois les disques de cette époque, et j'entends passer un plan signé Freddie King, un autre signé BB King, et au milieu seulement, un petit plan à moi, un plan qui me fait dire : "On dirait que c'est moi", quand j'entends le morceau à la radio. " Et pourtant, jusqu'à l'émergence de Jimi Hendrix, la domination de Clapton sur le petit monde de la guitare était déjà indéniable. Si la réaction de Clapton à la musique de Jimi était mitigée à l'époque (il admirait son jeu mais déplorait ses extravagances), elle est aujourd'hui plus franche et positive. "Nos capacités étaient sans commune mesure. Je me mentais à moi-même en le ramenant à mon niveau. On ne peut raccrocher cette musique à personne sinon à Jimi lui-même. C'est unique. C'est très orienté jazz. On dirait qu'il réfléchit beaucoup tout en jouant. Je ne me reconnais pas dans cette démarche." De nos jours, plutôt que de critiquer les extravertis, Clapton blâme sa propre introversion. "J'adorais les délires scéniques. Le premier que j'ai vu faire ça était Buddy Guy. Avant que Jimi ne débarque en Angleterre, Buddy jouait dans le circuit des clubs. Il faisait tout ! Il jouait avec la guitare derrière la tête, entre les jambes, par terre... Je n'avais jamais vu ça. Quand l'envie m'en prend, je suis bloqué. Je dois me concentrer totalement pour garder les doigts sur les cordes. Je ne remue pas. Si j'essayais, je perdrais les pédales. Keith Richards peut jouer une rythmique et arpenter la scène en même temps, mais tous ceux qui jouent en se déplaçant viennent d'une autre planète pour moi. Je ne parle même pas des acrobaties de Pete Townshend ou Jimi Hendrix.".


STRATIFICATION


D'une certaine façon, Hendrix écarta Clapton du rôle de guitar hero pendant plus d'une décennie. Par un juste retour des choses, il lui révéla aussi les possibilités de la Stratocaster. "Il avait une façon de jouer la Stratocaster qui me semblait inaccessible. Je me disais : "Well, je ne peux pas me lancer là-dedans, c'est trop dingue." C'est seulement en observant Steve Winwood jouer sur Strato quelque temps plus tard que ça m'a paru accessible (Winwood joua avec Clapton en 68-69 au sein de Powerhouse et Blind Faith, puis en 73 à l'occasion du "Rainbow Concert" que Clapton donna en compagnie de Pete Townshend et Ron Wood, ndt). Tu vois, ce jeune gamin de Birmingham qui jouait sur Strat, plus délicatement peut-être, ou plus simplement en tout cas, me redonnait confiance. Autant que je me souvienne - et j'ai vraiment regardé de près - Jimi se servait d'une Strat très simple. Il n'avait rien modifié dessus, pas à l'époque où je l'ai, connu en tous cas. Il a utilisé beaucoup de pédales ensuite, mais la première fois que je l'ai vu jouer, il se branchait direct dans un Marshall, il n'avait même pas encore de pédale wah-wah. Et, bien sûr, il ne jouait pas sur une guitare de gaucher, mais sur une guitare de droitier complètement de série. Je suppose que la condition essentielle qu'on oublie souvent, notamment à propos de Jimi, c'est que la Stratocaster est pratiquement indestructible. Ilfaisait tellement de choses physiques avec, il la cognait partout, il abusait du vibrato, mais elle restait entière, elle tenait l'accord malgré les pires traitements. Combien de guitares sont capables d'encaisser ça ?". Quelques années après les éloquentes démonstrations d'Hendrix et Winwood, Clapton se mit donc en quête de sa Strat. "Voilà la véritable histoire : je me trouvais à Nashville en 1969. Tu te souviens du magasin de George Gruhn ? Eh bien il y avait une autre boutique appelée Sho-bud, qui appartenait à Bud Emmen, avec une pile de vieilles Strat dans le fond. Les Stratocaster étaient tellement passées de mode qu'elles se vendaient pour 1 00 ou 200$ pièce. f en ai acheté une douzaine pour une bouchée de pain, parce qu'ils n'arrivaient pas à s'en débarrasser, et je les ai ramenées en Angleterre. J'en ai offert une à Pete Townshend, une à George Harrison, une à Steve Winwood... j'en ai conservé quatre pour moi et j'ai construit une guitare à partir de ces quatre Strato. C'est cette guitare là, Blackie, qui devint mon principal instrument. J'ai j . oué dessus pendant très longtemps. Maintenant, elle est vraiment usée. J'ai essayé defaire réparer le manche plusieurs fois ces dernières années, mais il ne reste plus assez de bois pour refaire quoi que ce soit. Le manche est aussi esquinté en arrière que sur les côtés, on ne peut plus le regretter, il est trop fatigué, je l'ai fini." Suite à la mise au rencard de Blackie, Clapton fit appel au Custom Shop Fender pour la réalisation d'un nouvel instrument. Une fois confronté à la feuille blanche, il lui parut évident que son modèle Signature devrait s'approcher le plus possible de la guitare qu'il venait de raccrocher. "Quand j'ai entamé les discussions avec Fender au sujet d'un modèle Signature, ils m'ont dit : "Vous pouvez la dessiner vous-même si vous le souhaitez, lui donner la forme que vous désirez." Mais je ne connais personne, moi y compris, qui soit capable de trouver un meilleur concept. Rien n'a changé en 40 ans. Tout est là. On ne peut pas l'améliorer. Mon côté puriste me pousse à rechercher une guitare semblable aux toutes premières, et les toutes premières avaient un maple neck. Elles étaient tellement simples. Juste un morceau de bois vissé sur une caisse. J'ai toujours aimé l'idée que la forme futuriste de la caisse vernie soit couplée à un manche qui semble avoir été taillé à même le tronc en dix minutes. Il y a quelque chose de primitif là-dedans. Avec un manche palissandre, elle se ressemble déjà à une guitare de jazz, je trouve queue y perd son côté rock'n'roll et blues. Pourtant, je voulais m'éloigner du son Strat classique. J'avais passé des années à jouer sur une Strat vintage, qui est dotée d'un son très pur, mais avec un sustain limité, à moins de jouer volume à fond. Entre ma Strat vintage et mon modèle Signature, on peut absolument tout faire. Parce que l'instrument que j'ai contribué à développer - ou plutôt, l'instrument sur lequel j'ai émis des suggestions contient un booster de médiums qui lui donne une résonance très grasse et rend possible le sustain. On atteint le son dune Les Paul en fait." Le booster de médiums et les micros Lace Sensor marquent une différence importante par rapport à la Strat vintage, mais Eric n'a pas oublié le son Fender, ses pionniers.


Patrick Manoury
"Ah, le son hors phase... Le premier que j'ai vu faire ça était un gars du nom de Reggie Young. Il travaillait à Nashville, on le retrouve sur un paquet dalburffl de soul et de country. Je crois que ce qu'il a fait de plus accessible se trouve sur "Drift Away", un album de Dobie Gray. f ai rencontré Young au cours d'une tournée Yardbirds/Ronettes en 1964. Il jouait dans le Bill Black Combo. Je l'ai vu sur scène, et il m'a bien semblé qu'il bloquait le sélecteur en position intermédiaire. Je n'avais jamais vu ça avant."


L'HOMMAGE ET L'HERITAGE


Bien que porté aux nues par tous ses camarades de jeu, Clapton sait encore rendre hommage à la maîtrise technique d'un Johnny Guitar Watson ("J'ai essayé de copier son jeu, l'interaction des doigts et du pouce. En répétition, ça passait. Mais sur scène, impossible."), Otis Rush ("l'un des meilleurs spécialistes de la Strat, tout ses albums sont grands et on entend Buddy Guy derrière"), ou Robert Cray ("il doit en avoir marre de m'entendre parler de lui ! Il y a plus de finesse dans son auriculaire que dans mon corps tout entier"). N'allez pas croire non plus que cet homme s'intéresse davantage à la coupe d'un Armani qu'au son d'un vieil album Chess. Il sera toujours prêt à traverser l'Océan pour un type comme Nile Rodgers, qui a produit le récent hommage à Curtis Mayfield, ainsi que la reprise de Stone Free jouée par Clapton sur l'hommage à Hendrix ("Stone Free, A Tribute To Jimi Hendrix", sorti chez Wamer en 93, ndt). "J'avais entendu le travail de Nile sur "Family Style", l'album des frères Vaughan. Sans Nile, je n'aurais jamais eu vent de Stevie Ray, parce qu'il l'a fait jouer sur "Let's Dance" de Bowie. J'apprécie sa conception dune musique fonctionnant comme un tout - musique noire ou musique blanche Tailleurs - et après avoir entendu le disque des Vaughan, j'ai su qu'il fallait qu'on bosse ensemble. C'est un rêve de l'avoir comme producteur. Il est très facile à vivre, très créatif. Le morceau de Curtis Mayfield doitfaire partie d un album dont les bénéfices iront directement à Curtis qui s'est retrouvé paralysé après un accident. Le titre que nous avons choisi - You Must Believe Me - date de The Impressions. J'avais enregistré Stone Free avant ça. Cette chanson m'est très chère, parce qu'elle date exactement de ma rencontre avec Jimi. Stone Free est en face B de son premier single, Hey Joe, mais je me souviens du jour où Jimi m'a fait écouter Stone Free. Il voulait en faire la face A. C'est quelque chose de très personnel. Pour l'enregistrer, je voulais revenir aux anciens micros à plots. Alors, le Custom Shop Fender m'a installé l'électronique d'une SRV sur une Eric Clapton Signature. Le son est beaucoup plus clair. Avec cet instrument, on peut obtenir le vrai son hors phase, cet effet un peu banjo (ndt : Inutile de harceler le Custom Shop, cette beauté noire équipée de micros Texas Special n'a été produite qu'a un exemplaire)."
Quelles que soient les pressions exercées par Warner pour obtenir de lui des albums faciles à vendre, Clapton voit donc son avenir se dessiner en bleu, une couleur qui lui permet de rester fidèle à lui-même. Satisfait de son étiquette de guitar hero (on dit même que, par dérision, il inscrit désormais "légende" à la rubrique "profession" des fiches d'immigration fournies aux passagers des vols long courrier), Eric fait plus que jamais confiance à la guitare pour lui permettre d'exprimer sa personnalité. "Je me demande si Leo Fender mesurait bien l'ampleur de sa découverte. Le plus drôle, c'est qu'il a découvert presque par hasard un concept parfait. f ai souvent changé de guitare, j'ai essayé un tas de trucs, mais je suis toujours revenu à la Stratocaster. J'ai construit Blackie moi-même, et je l'ai jouée u 'à l'épuiser complètement. Ce que j'ai obtenu de cette guitare et je crois que tous ceux qui connaissent la Stratocaster seront d'accord là-dessus - c'est la possibilité de lui insuffler mon âme. Ces instruments sont comme des toiles blanches. Elles sont tellement simples. Alors que la Gretsch par exemple m'a laissé le souvenir d'une guitare très compliquée. Il y avait tant de façons de trafiquer le son que je ne pouvais pas "entrer" dans la guitare. f ai très vite compris la Stratocaster, et j'en suis resté là. Tout est dans cette nuance. Si tu installes trois Strat identiques dans une pièce et que l'une d elles m'appartient, elle semblera sonner toute seule dès que je la prendrai en main. Je n'aurai pas besoin de la faire mienne, parce queue contient déjà mon âme. C'est ça que la guitare m'a apporté, un accès à moi même…


Par Paul Trynka. Illustration Tomy Vasek.




JIMMIE, ERIC, BUDDY ET LES AUTRES



Le vendredi 12 Mai 1995, nous arrivons à Austin., Etat du Texas. Dans l'aéroport Robert Mueller déjà écrasé de chaleur malgré l'heure matinale, nous nous précipitons pour saisir un exemplaire de l'Austin Chronicle. On vaoudrait se rassurer, vérifier que l'hebdomadaire annonce bienle concert prévu le soir même, celui pour lequel nous sommes venus d'aussi loin : Jimmie Vaughan and Friends, un hommage à Stevie Ray Vaughan réunissant Jimmie, Eric Clapton, Buddy Guy et Robert Cray. Une affiche de rêve! Inquiet soudain de ne trouver aucune mention du concert dans la section musique du journal, nous appelonsKisa, impliquée dans la production de l'évènement : "Rassure-toi, le concert aura lieu! Aucune publicité dans les média ne se justifiait puisque toutes les places miese ne vente il y a un mois sont parties en deux heures..". Evidemment. Cet homage à Stevie Ray Vaughan représente l'un des grands événements musicaux de l'année aux U.S.A. Le fait qu'il se déroule à Austin renforce son importance. La veille de notre arrivée, les quatre guitaristes se sont produits une première fois dans le cadre d'un concert privé et filmé par la chaîne cablée locale. C'est Ian Moore, le nouveau guitar heroe texan qui nous livre dans l'après-midi ses impressions sur cette soirée : "Ecoute-moi ça, man. J'ai dû pleurer pour obtenir un précieux ticket. Tous les musiciens d'Austin se trouvaient dans la salle. Eric Johnson était juste à côté de moi. Sur la scnèen, la denière chanson Six Strings Down, réunissait Eric Clapton, Robert Cray, Jimmie, BB King, Bonnie Raitt, Doctor John et Art Nevlle! Incroyable!". Quelques heures plus tard, nous sommmes devant l'Austin Music Hall. Foule des grands soirs , toute la ville s'est déplacée. Entre une journaliste de Rolling Stone et son confrère de Guitar Player, nous récupérons enfin le précieux badge qui seul permet de franchir sans douleur le mur compact des cerbères du service d'ordre. A l'intérieur de la salle, l'électricité est palpable. Un violent orage comme ceux que cette région connaît régulièrement semble sur le point d'éclater. La chaleur est suffocante. Sur la scène, Rene Martinez, l'ancien guitar tech de Stevie Ray Vaughan au service de Jimmie, procède aux ultimes réglages.

Des dizaines de Stratocaster se cotoîent, les innombrables amplis Fender et Matchless se préparent à cracher le feu. Lorsque le technicien disparaît enfin derrière la scène emportant la célèbre Strato élimée de Jimmie, la foule n'est plus qu'un gros coeur qui tape à l'unisson. Jimmie Vaughan ouvre les festivité avec Tilt a Whirl, instrumental extrait de son album "Strange Pleasure" et nom donné à son superbe groupe réunissant George Rains (batterie), Denny Freeman (piano et guitare), Bill Willis à l'hammond B3 et trois puissants choriste. Le son du guitariste est lourd, puissant et serein en même temps. Jimmie reçoit chez lui, il célèbre la mémoire de son petit frère disparu et veut se payer du bon temps. De cette première partie du concert, sa reprise de Texas Flood, chanson fétiche de Stevie ray, reste le moment le plus fort. Robert Cray rejoint le groupe, heureux d'être là et décidemment impressionant de maîtrise. après des repises d'Elmore James et de Freddy King, il chante un Locve Stuck Baby où transparaît toute l'admiration qu'il portait à Stevie. Lorsque Clapton monte à son tour sur scène, l'accueil du public est hystèrique. Imperturbable, E.C semble plongé au plus profond de lui-même. Five Long Years, il vient rappelerla douleur que la disparition d'un être cher déchaîne. Il extrait de sa guitare un blues tendre et hargneux à la fois, toujours éblouissant. Clins d'oeil et sourires, les musiciens se régalent. Avec Budy Guy enfin, la soirée atteint son apothèose. Les stadards s'enchaînent : Sweet Home Chicago, Further On Up The Road... Buddy est impérial. tour à tour il appelle chacun de ses trois amis à venir croiser le fer avec lui. Clapton éclate de rire lorsqu'il comprend qu'il ne peut plus surenchérir dans cette partie de poker/chorus où les mises sont énormes de feeling et d'émotion. Comme la veille, les quatre friends chantent Six String Down. Le concert ne veut plus finir. Buddy disparaît puis revient. Jimmie rassemble ses invités sur le devant de la scène. On salue à n'en plus finir. Torrents d'amour. Là-haut, Stevie Ray Vaughan peut apprécier.


P.Boncoeur





Enfin, on trouvera dans ce magazine les tablatures pour la chanson Blues Before Sunrise.



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Cette page a été réalisée par Vuibert Jérôme le
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