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E.C LE RETOUR DU BLUESBREAKER ERIC CLAPTON
Guitare Planète n°1 (10-11/1994)


Gé:rard Roussel
A l'heure de la sortie de l'album "Blues" que ses fans espèrenet de lui depuis les BluesBreakers en 66, flash-back
sur le versant bluesy de la carrière d'Eric "God" Clapton. L'oeuvre de Dieu, la part du Diable?
La rumeur a commencé à se répandre peu après sa traditionnelle série de concerts au
Royal Albert Hall, en Février dernier. "Cette fois, sûr, il va le faire, son p... d'album blues, mec!". Il,
c'est évidemment Eric Clapton, 49 ans, ci-devant guitar-hero du blues-rock anglais, dont le dernier "all blues
album" remonte, mine de rien, à 1966, avec les Bluesbreakers. C'est dire l'émoi des fans de "God". On ne
parle pas ici des quelques 12 millions de gus qui ont découvert Robert Johnson avec sa version de "Walkin' Blues"
dans le multi-awardé "Unplugged", mais du carré de fidèles qui attendent, depuis presque trois
décennies, que "Slowhand" se décide à clouer le bec à tous les guignols qui l'accusent de
n'être qu'un bluesman de luxe en costume Armani.
1. (Back to) Gibson Blues
Blues ? Le 2 Mai 94, God persiste et signe lors d'un concert donné au Avery Fisher Hall de New York. Clapton
transforme la soirée (un banal concert de charité pour la Fondation T.J. Martefl) en un tribut personnel
à ses idoles du blues. La set-list ne comprend que des covers de Muddy Waters, Howlin'Wolf, Jimmy Rogers, Freddie
King, etc., Clapton se chargeant d'apporter l'âme et ses fabuleux chorus de guitare. En guise d'amuse-gueule,
Clapton (lunettes, costard et coiffure Lennon, période Plastic Ono) démarre par un mini-set accoustique,
façon "Unplugged".
Au menu, le "Terraplane Blues" de Robert Johnson ("I'm gonna h'ist your hood, mama / I'm bound to check your oil"), suivi
du "How Long Blues" de Leroy Carr.
Entrée en scène d'un band électrique, différent du line-up qui entoure "Slowhand" depuis 86.
Le vieux Chris Stainton est de retour aux claviers et le batteur n'est autre que le légendaire Jim Keltner, qui, de
Ry Cooder à Lennon en passant par les Traveling Wüburys, John Hiatt et Tom Petty, a joué avec à
peu près tout ce qui groove encore sur la planète rock. Ne manque qu'un harmoniciste (Jerry Portnoy) et le
concert bascule dans un nirvana électrique façon Memphis-Chicago, où se succèdent "Hoochie
Coochie Man", "Five Long Yeats" et le "It Hurts Me Too" d'Elmore James, avec chorus de bottleneck incandescent. Clapton,
pour la circonstance, a troqué sa légendaire) Strato pour une Gibson, comme au bon vieux temps des Yardbirds,
des Bluesbreakers, du chorus de "Whfle My Guitar Gently Weeps" (Beatles) et de Cream. Loin de la coofitude
unpluggée, de cet hommage touchant, mais plutôt poli au Delta Blues, E.C. est redevenu, l'espace d'un concert,
d'un "Crossroads" balancé sur un rythme vaudou à la Bo Diddley, ce "dieu" électrique des sixties,
à l'époque où les graffitis "Clapton is God" fleurissaient sur les murs londoniens.
Et la rumeur d'enfler, bientôt confirmée par "Rolling Stone" qui annonce, de façon plutôt
sibylline, que le prochain Clapton sera "blues", qu'on se le dise... La nouvelle, en tous cas, doit faire plaisir à
Phil Coflins, qui, quelques mois auparavant, s'est épanché de façon plutôt inconvenante dans la
presse british: "je n'y comprends vraiment rien, déclare en substance notre Philou, tout le monde se moque de moi
quand j'écris des chansons sociales sur les "borneless", alors qu'on applaudit Eric qui joue du blues, en costume
Armani à 5000 livres, au Royal Albert Hall... " Et Clapton de rétorquer, flegmatique: "Il faudrait que Phil
comprenne que le blues est juste une question d'esprit..."
2. Armani Blues
Les filles, les Ferrari & les costars Armani... A la sortie de "Joumey Man", (son dernier album studio à ce
jour), Clapton s'expliquait déjà plus ou moins sur la question. Pour un gamin de Ripley (Surrey) qui
achète (à seize ans) sa première Spanish Hoya acoustique, puis la troque contre une Kay pour fonder
les "Roosters" (où a officié avant lui, au sax et à la guitare, un certain Brian Jones, futur Rolling
Stones), la découverte des mîltres passe bien sûr par la musique ("I have never found anything more
deeply soulful than Robert Johnson") mais aussi par "l'élégance" des mecs de Chicago: "Les bluesmen
s'habillaient comme les musiciens de jazz qui jouent dans les clubs. Les costumes et tout le reste... à
l'époque des Yardbirds, on essayait forcément de coller à ce look.' Après les Roosters et
l'épisode Casey Jones & the Engineers, Clapton intègre les Yardbirds, un groupe local qui succède
aux Rolling Stones au Crawdaddy Club de Richmond. Il est alors "parvenu à jouer raisonnablement bien", arbore un
look straight (costume/cravate/coupe ultra-courte), et fait partie, pour sa première session d'enregistrement (les 7
et 8 décembre 63) du backing-band de Sonny Boy Wifliamson, bluesman-culte: "Quand Sonny a débarqué,
on ne savait pas comment l'accompagner. Ce qui était effrayant, c'est que ce mec était vrai et que nous ne
l'étions pas.. " Tout est dit. Clapton assume parfaitement le côté romantique de la chose "blues" qui
va déboucher sur le fameux "British Boom".
En 64, le guitariste solo des Yardbirds devient "God", puis quitte un groupe devenu trop "pop" à son goût pour
rallier les Bluesbreakers de John Mayall (en avril 65), enregistrer avec Dylan ("If You Gotta Go Go Now", toujours
inédit, le 12 mai 65) puis, après divers sessions "live" ou enregistrées chez jimmy Page ("Snake
Drive" et autres "Tribute To Elmore" qu'on retrouve dans toutes les compils basiques), le fameux "Bluesbreakers Album" au
studio Decca n'2, West Hampstead, London, en mars 66. En ouverture, le "AU Your Love" d'Otis Rush, King du Blues en mineur
du Chicago 50's, Eric à la Les Paul, le reste appartient à l'histoire... et les costars suivront.
3. Super-Blues
On pourrait épiloguer sans fin sur les hasards qui ont conduit Clapton à "s'égarer" loin des sentiers
d'un blues roots "idéalisé" par une poignée de jeunes rockers british du début des sixties.
Parce qu'au fond, tout remonte aux deux premiers albums de Cream ("Fresh Cream", "Disreali Gears") avec Bruce & Baker,
lorsque Clapton invente un nouveau modèle de pop-star: le lead-guitarist virtuose. Mis à part en jazz (et
en country-music), le concept est plutôt nouveau dans le rock 60's. On est en 66-67, le psyché-boom pointe
déjà le bout de son buvard, et "Fresh Cream" s'évertue à pulser l'esprit de Willie Dixon et de
Skip James dans une sorte de délire suburbain qui fait swinguer le London des pop-stars de l'époque: un club
très privé où les Stones s'acoquinent volontiers aux Beatles, le temps d'une "private joke" musicale
("We Love You", "You Know My Name").
Au moment où, à côté d'un "Spoonful" sublimement spontané, Clapton commence à
construire des chorus constituant de véritables pièces architecturales à l'intérieur du titre
lui-même (le solo de "I'm So Glad", mini-composition préfigurant celui de "Why Does Love Got To Be So Sad"
avec les Dominos), la Cream-mania s'abat sur l'Angleterre. Pris dans la tourmente, Clapton tire le signal d'alarme en
balançant la mélodie de "Stranger In The Night" à l'orée du chorus de "Suns@e Of Your Love".
Puis se laisse emporter par le flot: qui a dit que le Cream ne payait pas?
Fin 67, ont lieu à New York les sessions du futur "Wheels Of Fire", Clapton overdube le chorus historique de "White
Room" sur sa Gibson SG, puis commence à frayer sérieusement avec George Harrison ("Sky-ing" pour la B.O. du
4. Yer Blues
Le jeu de guitare, lui, restera "bluesy", contre vents et marées, tout au long des errances magnifiques de Clapton.
64/68! tout a été tellement vite, comme l'époque: Yardbirds, Bluesbreakers, Cream et ses
délires psyché-hard-fusion. Les dernières sessions (avec "Badge"co-écrit avec Harrison) en
Octobre 68, puis le "Rock'n'Roff Circus" des Rolling Stones, les 10 et 1 1 Décembre (Keith Richards à la
basse, Mitch Mitchell aux drums, Lennon et E.C. aux guitares, interprétant "Yer Blues", mais aussi "Peggy Sue", avec
Jagger aux vocaux, et "It's Now Or Never"- le tout somptueusement inédit!). En 69, jaillit l'idée Blind
Faith (ère des super-groupes oblige!) avec Steve Winwood, Rick Grech et Ginger Baker, entre deux séances
pour Apple (Billy Preston, Doris Troy etc.), Delaney And Bonnie et le Plastic Ono Band, combo Lennonien parrallèle
aux Beatles (26 prises de "Cold Turkey") avec lequel il joue "live" à Toronto. Blind Faith est condamné
d'avance, la presse british s'excitant avant même d'avoir entendu le premier single du super-groupe le plus "hot" de
l'année. Le "Blues Power" sera évidemment présent dans le premier véritable LP solo de
Clapton (évènement en son temps!) qui sonne plus ou moins comme un album de Delaney & Bonnie, ce big band
rythm'n'bluesy dans lequel God a essayé un temps de retrouver un peu d'anonymat.
5. Wolf Blues
Depuis Blind Faith, Clapton a troqué sa collection de Gibson (LespaW, ES 335) pour la fameuse Strato "sunburst" qui,
des déluges électriques de Derek & The Dominoes au fameux style laid-back inauguré avec "461 Ocean
Boulevard", va imposer sa griffe sur ces Seventies qu'il traverse plus ou moins à la dérive entre dope et
brandy. Mais revenons au blues.
En 70, on retrouve E.C. sur les "Howlin'Wolf Sessions", qui, outre le bluesman, réunissent Charlie Watts, Bill
Wyman, Stevie Winwood, Ringo Starr et autres habitués des jam-records de l'époque. Le vieux loup
considère d'un peu haut ces jeunes groupies british qui ont appris à jouer le blues en écoutant ses
vinyles et se paie le luxe de montrer à Clapton les plans de "Red Rooster"!
Dans la foulée, fl forme Derek & The Dominoes, en 70, avec l'ex-rythmique de Delaney & Bonnie, invite le
slide-maestro Duane Alhnan (des Allman Brothers) et fait groover des blues d'anthologie comme "Nobody Knows You When You're
Down & Out", "Have You Ever Loved A Woman" (qu'il jouait déjà avec les Bluesbeakers), "Little Wing"
(l'hommage au génie d'Hendrix) ou "Key To The Highway" de Big Bifl Broonzy qui figureront dans son chef-d'oeuvre
"Layla", drug-album génial enregistré, nul ne l'ignore, dans les tourments d'une love-story impossible avec
la femme de son meilleur ami, George H.
6. Drifting Blues
Au fil< des années et des albums (plus ou moins dispensables), le blues est toujours là, en filigrane, mais
désormais en marge des hits, des cassures, des découvertes (le style cool JJ.Cale, avec "After Midnight" et
"Cocaïne", le reggae avec "I Shot The Sheriff " de Marley). Tendance "461 Ocean Boulevard", avec "Motherless
Children", "I Can't Hold Out" (d'Elmore James) ou "Steady Roflin'Man" Uohnson). En chair et en "five" ("E.C. Was There"
et, plus tard, "Just On Night"), mais aussi, souvent, seule perle d'un album "loose" entre potes ("Double Trouble" d'Otis
Rush dans "No Reason To Cry"). En tournée, les set-list de Clapton laissent toujours une large place aux bonnes
vieilles douze mesures, comme en 74, où il reprend entre autres "Drifting Blues" et "Mean Old World", qu'd jouait
déjà au dobro avec Duane Afiman lors des séances de Derek & The Doniinoes. La même
année, il enregistre avec Freddie King ("Sugar Sweet", "TV Mama", "Gambling Woman Blues" etc.) dont il dira qu'il
lui a "appris à faire l'amour avec une guitare", c'est du propre. Enfin, on mentionnera sa fulgurante apparition
dans "The Last Waltz", le concert d'adieu du Band filmé par Scorcese, pour une version surboostée de "Further
On Up The Road".
7.Same Old Blues
Malgré l'honnête "Another Ticket" (avec "Blow Wind Blow"), il est évident que la carrière de
Slowhand est à la dénve, au début des 80's. Un album entier "Turn Up Down" est même
oublié dans un tiroir. Sa dépendance à l'alcool a pris des proportions dramatiques. En janvier 82,
Clapton entame une cure de désintoxication dans une clinique de Minneapolis. Il en sort clean, reprend la route en
juin, puis s'enferme dans les studios de Nassau aux Bahamas, en Septembre, avec deux autres pointures de la six cordes, son
vieux complice Albert Lee et Ry Cooder, le King de la slide en cinémascope. On recommence à parler d'un
album 100% blues, l'album qui rendrait enfin à Clapton son statut de légende.
"Money & Cigarettes" (avec sa reprise cinglante de "Crosscut Saw") est bien accueilli par la critique, même si on
s'accorde à dire que, pour un album réunissant trois guitaristes du calibre de Clapton, Lee & Cooder, il
est plutôt "cheap" au niveau des chorus. Mais sa nouvelle maison de disques (Warner) rêve de tubes, et "Slow
Down Linda" (pourtant superbe avec ses envolées de slide) n'en est pas un. Après avoir enregistré
avec Roger Waters ("The Pros & The Cons Of Hitch-Hiking"), Eric va donc s'associer avec son pote Phil Collins pour
téléporter son blues dans la galaxie 80 à grands renforts de synthés, de gimmicks EM. et de
descentes de drums rescapées de "In The Air Tonight".
Ce sera "Behind The Sun" et son "Same Old Blues" de quelques 9 minutes, album hybride (certains titres, assez californiens,
ayant été rajoutés six mois plus tard à la demande de Wamer) mais plutôt réussi.
Pour fêter ça, Clapton tourne même un clip sur le "Forever Man" de Jerry Wiffiams.
On croit rêver..
8. Live Blues
Après son passage étincelant au "Band Aid" de 85, Clapton enregistre un autre disque... de Phil Collins,
"August", avec une bonne partie des musiciens qui vont désormais l'accompagner dans ses tournées: le
redoutable gang Nathan East-Greg Phillinganes et les choristes Tessa Niles et Katie Kissoon. Début de la
période Armani, duo avec la bonne Tina ("Tearing Us Apart"), de belles envolées de guitare ("Holy Mother"
dédié à Richard Manuel du Band)... mais pas le moindre blues à l'horizon.
Le contrat qu'il a signé avec Wamer prévoyant la sortie d'un "double live", Clapton va, entre 86 et 87, enregistrer un nombre
conséquent de concerts, notamment au Festival de Montreux, où il se produit en quatuor avec Collins, East et
Philinganes, jamme avec Robert Cray et surtout avec Otis Rush, notamment sur le légendaire "AH Your Love". Ces
bandes, restées dans un tiroir, finiront par réapparaître dans un triple-bootleg dont le son est
supérieur à la plupart des "live" officiels de Slowhand. Idem pour le "live" de 87, que Wamer renonce
à sortir à cause du monumental coffret "Crossroads" publié par son ancienne maison de disques,
R.S.O.: un impressionnant flash-back dans la discographie claptonienne, gorgé d'inédits et de raretés,
et qui embrase toute la carrière de Slowhand, des Yardbirds aux Bluesbreakers, en passant par Cream, Blind Faith,
Derek & The Dominoes et les années solo. Un (énorme) succès qui ramène
définitivement Clapton dans le droit chemin.
9. Worried Life Blues
Tournées incessantes, concerts rituels au "Royal Albert Hall", musique de films ("Homeboy", "Fatal Weapon" etc.),
album à la hauteur de sa légende ("Journeyman" avec au rayon blues "Before You Accuse Me" et le "Hard Times"
de Ray Charles) Clapton est désormais sur tous les fronts. Lorsqu'il n'apparaît pas au "Mandela Day" avec
Dire Strait, il est en studio avec Phil Collins, Zucchero, Tina ou Sting. Après avoir fêté (avec
Keith) l'anniversaire de Chuck Berry en 86, il retrouve les Stones pour un "Little Red Rooster" brûlant à
Atlantic City en 89. The blues is back, de nouveau à la mode. Stevie Ray Vaughan explose, John Lee Hooker est
classé dans les charts, tout comme les "Complete Recordings Sessions" de Robert Johnson. Eric sera
profondément affecté par la disparition brutale de Stevie Ray dans un crash d'hélico, juste
après un concert commun. Blues toujours, il participe aux sessions de johnrùe Johnson (pianiste mythique de
Chuck Berry) et de Buddy Guy. Et en 90 et 91, ses "Blues Nights" au Royal Albert Hall rassemblent Buddy Guy, Johnnie
Johnson, Robert Cray et autres Jimmy Vaughn autour d'une set-fist de classiques qui donne le vertige! Des nuits bluesy
dont on n'aura, hélas, qu'un trop bref aperçu sur le magistral double-five "24 Nights".
"24 Nights", avec ses différentes formations et son track-listing imparable, aurait pu être le plus grand
disque "rive" d'Eric Clapton... sous la forme d'un coffret 4 CD. Mais la tragédie, une fois de plus, rattrape le
"Survivor": son fils Conor se tue en tombant de la fenêtre d'un gratte-ciel new yorkais: "My soul went dead to
music.. dira Clapton. No comments. "24 Nights" se fera sans lui (on oubliera même sa nouvelle version de "Layla",
magnifique), Clapton, perdu dans sa douleur, composera le magnifique "Tears In Heaven" pour Conor et livrera son âme
à nu dans "Unplugged" qui décrochera, paradoxe cruel, une pluie d'Awards. Après sa superbe version
de "Don't Think Twice" au Dylan Tribute de novembre 92, il ne restait plus à E.C. qu'à redevenir un
Bluesbreaker pour saluer, une dernière fois, les fantômes de Stevie Ray, de jimi, et surtout Conor, dans les
volutes émotionnelles de sa Gibson. Electric Eric...
Harry Underwood.
Cette page a été réalisée
par Vuibert Jérôme le
. e-mail : cf. mon cv.
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