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GUITAR WORLD Décembre 1991 ERIC CLAPTON EST DE RETOUR
God is back. ERIC CLAPTON PERSISTE ET SIGNE En un an, Eric Clapton a traversé a période la plus sombre de sa carrière. Tout autre que lui aurait sans doute raccroché trop accablé par l'effarante accumulation de tragédies qui se sont abbatues sur lui ces derniers mois. Mais le guitariste a préféré se remettre en piste au lieu de rentrer à nouveau dans une longue période d'isolement qui aurait pu lui être fatale, comme a déjà failli l'être celle qu'il a connue début 70. Autrefois des plus réservés, il se livre maintenant à coeur ouvert dans une de ses plus longues interviews.
Loin de chercher l'apaisement dans
la réclusion et au-delà des souffrances qu'il a rencontrées,
il a cherché à puiser de nouvelles forces, une nouvelle
vision du monde à travers ses épreuves. Il y a un an encore,
la chance souriait pourtant enfin à Eric Clapton, l'album "Journeyman"
représentait son premier vrai succès commercial depuis
bien longtemps et il avait semble-t-il résolu le cauchemard de
sa vie en devenant non plus le musicien adulé au-delà
de toute explication, mais un artiste respecté et libre. Il n'était
plus assujetti aux commandes de sa maison de disques et il avait retrouvé
le goût de la scène qu'il aimait à partager avec
de nombreux musiciens qu'il considérait comme ses amis. Eric Clapton : Il y a un prix à payer et c'est le chagrin, la tristesse... Je les ai rencontrées tant que fois. La solitudeen fait partie également. J'ai perdu tant de mes "compatriotes" musiciens auxquels je tenais. Jimi Hendrix, Duane Allman, Stevie Ray Vaughan... C'est le sentiment d'isolement le plsu triste au monde et c'est le prix que je paie en compensation de toutes les joies que je rencontre avec ma musique. Cela ressemble à une théorie du Ying et du Yang. Si une partie importante de ma musique est plongée dans la tristesse, ce n'est que le reflet de ce que j'ai enduré. Il n'y aura pas de fin, jusqu'à ce que la mort m'emporte. C'est ainsi que je me suis resigné à vivre désormais. J'ai tant de fois rencontré la mort au cours de ma vie que le quotidien n'a plus vraiment d'importance pour moi. Les hsitoires d'amours ou les soucis de tous les jours ne me touchent plus comme avant. GW : Es-tu toujours affecté par le trop fameux mythe du "God Clapton" ? Eric Clapton : J'ai toujours trouvé très éprouvant ce mythe de "Clapton est dieu". Je ne m'y suis jamais habitué. Pendant des années, j'ai prétendu que je ne me prenais pas tout ça au sérieux, mais au fond de moi, cela a causé bien des ravages. C'est pour cette raison que dans les années 70, j'ai essayé de me cacher et d'enf aire le moins possible. Je voulais détruire le mythe. je pense avoir réussi. Les gens étaient très déçus par mes performances sur disque ou sur scène et ils n'avaient plus aucune envie de me prendre pour Dieu. J'étais devenu une espèce de fou ivrogne et excentrique. J'ai tout fait pour ternir cette image du héros. Mais au bout d'un certain temps, j'ai fini par réaliser que je mettais ma propre vie en danger. Je devais m'arrêter. Si je voulais survivre, il me fallait trouver un moyen de tout supporter. Au départ, cette histoire de Dieu était l'expression d'une profonde sincérité. Elle représentait comme un témoignaged'affection. Mais lorsque le terme a été utilisé noir sur blanc par la presse, il a rapidement pris une connotation cynique. Cela a souvent donné des jeux de mots du genre "God is claped out" (Dieu s'est fait jeté). Pourquoi une telle rancune ? Probablement parce que pour certains journalistes j'ai été Dieu et que je ne le suis plus. GW : Même si le temps de la divinité est définitivement résolu, Clapton ne refuse plus désormais d'ête considéré comme un musicien d'exception. Son explication paraîtra même un tantinet mystique, mais on ne saurait lui donner tout à fait tort. Eric Clapton : Je suis convaincu d'avoir une sorte de mission à accomplir. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai survécu. Ce n'est pas une chose dont j'ai toujours le contrôle, ou que je pourrais planifier à ma guise. J'ai résisté à des overdoses qui auraient tué n'importe quel homme normal , sans l'ombre d'un doute. Je me suis retrouvé dans des situations où un autre aurait disparu. Je suis donc obligé de croire que j'ai une sorte de destinée à suivre, que je dois servir une cause dont je ne connais pas la nature exacte. Il me reste encore à trouver de quoi il s'agit. GW : Pourquoi avoir choisi un lieu aussi huppé et différent des habituelles salles de rock ? Eric Clapton : Après chacune de mes tournées à travers le monde, j'avais l'habitude de revenir à la maison et de conclure par un concept icnognito dans un petit club. Cela pouvait être dans mon village ou ailleurs, l'essentiel était que j'aie l'impression d'être chez moi avec des amis. Mais au fil des ans c'est devenu complètement impossible à organiser. Le bouche à oreille a bien fonctionné et à la fin, tout le monde voulait venir si bien que plus personne ne pouvait entrer dans la salle. L'idée était donc de trouver un lieu un peu plus grand pour y revenir chaque année et jouer pour "les gens de chez moi". Même si moi je ne leur manque pas forcèment, eux me manquent. Mais chaque année d eplus en plus de gens veulent venir.
Finalement, c'est devenu un mythe supplementaire. Chaque année, il faudrait rajouter des dates. L'an prochain, j'essaie de m'en tenir à douze concerts, mais cela devient un véritable problème. Cela fait boule de neige et si je ne fait que douze dates au Royal Albert Hall, je vais devoir mettre une place un grand show ailleurs dans une salle beaucoup plus grande. GW : Outre cet album live, un autre projet d'Eric Clapton fait grand bruit, à savoir la série de concerts "Together Again" qu'il a organisé, hélas uniquement au Japon, et qui le verront renouer avec George Harrison. Eric Clapton : C'est seulement une bonne occasion. Je suis libre à cette période, c'est loin d'ici... Les japonais sont très polis et très accueillants. Il n'y aura aucune mauvaisechronique dans la presse. Nous allons tous nous éclater sans la moindre arrière pensée. George n'est pas monté sur scène depuis des années et il est extrêmement nerveux. Si nous allions en Europe ou aux Etats-Unis et qu'il y avait le moindre problème, surtout avec la presse. Si pour n'importe raison George ne se sentait pas à son aise, je pourrais très bien me réveiller un matin et apprendre qu'il a pris l'avion pour retourner chez luien Angleterre au beau milieu de la tournée. Je tiens à rendre l'expérience la plus agréable possible pour lui. Tokyo et le Japon sont parfaits pour cela. Les gens ont un respect et une admiration incroyable pour la musique occidentale. Je sais que nous y serons traités comme des princes. Et je ne souhaite qu'une chose, c'est que George soit heureux. GW : Mais que redoute-t-il au juste ? Eric Clapton : Geroge fait partie de l'histoire. Il a fait partie des Beatles. Depuis leur séparation, sa seule ambtion est de devenir un individu à part entière. C'est tellement difficile lorsque l'on est dans la peau d'un ancien Beatles. Si tu le rencontres, que vas-tu lui demander ? Je suis prêt à parier qu'il y aura au moins une question ndu genre : "Cela faisait quoi d'être une Beatles ?" ou "Quand allez-vous vous reformer ?" Il doit vivre avec ce genre de chose depuis plus de vingt ans, je ne sais pas si vous vous rendez compte. Mais je suis convaincu qu'il doit saisir cette chance pour sortir de son trou. J'essaie de lui poser le moins de roblème possible. Nous lui fournisrons le groupe, la sono, les éclairages... GW : En quoi consistera le répertoire, principalement ses chansons ? Eric Clapton : Oui, il pourra interpréter ses meilleurs morceaux depuis ceux avec les Beatles, comme Taxman, ou If I Needed Someone, jusqu'aux plus récentes. On va enfin s'apercevoir que George existe pour lui-même. GW : De qui est venu l'idée de cette réunion ? Eric Clapton : Tous les deux. Lors de ma tournée de l'an dernier, tout le monde me demandait où il était, ce qu'il devenait et quand il allait refaire de la scène. Je lui ai tout raconté et il ne se doutait de rien. Il ne soupçonnait pas que quelqu'un "au-dehors" voulait encore le revoir sur scène. Non isolement en était à ce stade. Nous en avons parlé pendant des heures et j'ai fini en lui disant: "Bon, tu viens avec moi ou non ! Tout ce que tu auras à faire c'est prendre ta guitare. Je m'occupe de tout le reste. Avec le groupe, nous apprendrons tes chansons. Nous essaierons de jouer aussi bien que possible et nous ferons tout pour passer un bon moment". C'est le point le plus important. Si George se fait vraiment plaisir, alors il y aura peut être une chance pour que nous venions en Europe ou aux Etats-Unis. GW : Quels sont les musiciens qui vous accompagnent sur ce projet ? Eric Clapton : Ceux de mon groupe habituel. Greg Phillinganes (claviers), Nathan East (basse), Steve Ferrone (batterie), Ray Cooper (percussions), Kassie Kisson et Tessa Niles (choeurs). J'ai malheureusement perdu mon guitariste, Phil Palmer. Il est parti rejoindre Dire Straits et nous n'avons pas vraiment les moyens de le récupérer (sourire espiègle). Nous allons tout de même en chercher un autre. Ce sera probablement Andy Fairweather-Lowe (ex. Fohat, Dave Edmunds, Gerry Rafferty, ...). GW : Si Harrison et Clapton sont aujourd'hui les meilleurs amis du monde il n'en a pas toujours été ainsi. Quelques orages ont passé depuis leur rencontre il y a plus de 25 ans. Eric n'ayant rien trouvé de mieux que de tomber amoureux de la femme de son meilleur ami, comme dans le plus mauvais vaudeville. Cela nous vaudra Layla et son appell désespéré, mais cela manquera aussi de peu d'emporter le guitariste dont les dangereux excès seront en grande partie inspirée par la belle. Eric Clapton : C'est une affaire de famille, maintenant. Nous sommes très proches l'un de l'autre. Nous sommes réellemnt revenus au même point que lorsque nous étions tous les deux très jeunes. J'ai appris que dans ce milieu, on peut perdre ses amis très facilement à travers la mort ou la malchance.... J'ai toujours eu beaucoup de mal à trouver de vrais amis. J'ai de nombreuses reconnaissances, mais les amis sincères sont très rares. Pour moi George est comme mon frère. Même si dans un sens, il existe une sorte de tension entre nous. Nous avons des avis très différents dans pas mal de domaines. Mais le lien est si puissant que nous pouvons tout traverser désormais. Ce lien a été notamment formé par son mariage et le mien. La femme qu'il y avait entre nous a représenté une grande partie de notre vie. Nous l'avons tous les deux aimé énormément. C'est comme une petite famille protégée du monde extérieure.
GW : Tu n'éprouves pas de craintes à l'idée de jouer des morceaux des Beatles sur scène ? Eric Clapton : Non, je ferai office d'accompagnateur. Je serai derrière. J'aime ce rôle et je l'ai toujours aimé. GW : Pourquoi depuis bientôt 20 ans Derek And The Dominoes, n'as-tu pas tenté par une expérience de groupe ou une collaboration plus longue avec d'autres musiciens ? Eric Clapton : Tout au long de ma carrière je suis resté très attentif afin de ne pas être détourné de mon but. Je me souviens qu'un jour, Paul McCartney est venu me voir. A l'époque, j'habitais chez John Mayall. Il semblait très timide. Il était avec un de ses amis qu'il a envoyé me dire : "Paul voudrait jouer avec toi." J'ai répondu : "Non, je ne comprends pas trop ce qu'il joue et je n'ai pas envie de jouer avec lui. Et puis pourquoi n'est-il pas venu me demander ça lui-même ?" Mais même s'il me l'avait personnellement demandé j'aurais refusé. Je me sentais très "pur" vis à vis de la musique que je jouais. C'est toujours resté ainsi. Je ne peux pas jouer avec n'importe quek musicien. Il faut que je sois convaincu que ce que je possède au fond de moi en sera pas altéré ou défiguré. GW : N'aurais-tu pas aimé trnasformer paul McCartney en un musicien "pur" selon tes critères ? Eric Clapton : Mais il est pur à sa manière. Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Mais son style de musique est très éloigné du mien. Pour son style de pop-music, il me semble très pur. Je ne vais certainement pas le critiquer, ce qu'il fait est fantastique. Nos goûts sont très différents et je ne pense pas que nous pourrions truver un terrain d'entente. GW : Parmi les nouveaux "héros" de la guitare, exsite-t-il des musiciens qui t'ont semblé intéressants ? Eric Clapton : Ce que j'apprécie avant tout chez un musicien, c'est sa consistance. Lorsque je parle de consistance, c'est celle qui vient de l'esprit. Tous ces guitaristes sont intéressants à leur manière. Mais ceux qui possèdent cette consistance sont rares. Par exemple, Stevie Vai me laisse froid. Je ne veux pas paraître injuste, c'est indéniableent un phénomène, mais il ne me donne pas vraiment le frisson. Il y a une foule de guitaristes dans cette école et j'ai un peu perdu le fil. Nous voyagerons sur des rutes différentes J'ai été voir ce film "Crossraod", et à la fin Stevie Vai gange le duel de guitare en jouant une pièce classique. Cela m'a paru plutôt étrange. C'est au départ une sorte de combat de blues et le vainqueur joue des arpèges classiques. Cela ruinait tout le discours du film. Cela ne m'émeut pas beaucoup. C'est plus de la gymnastique ou une sorte de frime qu'autre chose. GW : Tu as joué sur le premier album de Richie Sambora, fait-il partie des exceptions selon toi ? Eric Clapton : J'ai bien peut de devoir avouer que c'est un exemple assez similaire. dans le meilleur de cas, je dirais qu'il se situe quelque part au milieu. Je le vois tout comme un guitariste qui est en train de devenir chanteur et compositeur. Je crois qu'il a encore beaucoup à apprendre sur les manières de s'économiser dans son jeu. Sa musique ne semble pas possèder encore une réelle identité. Je dois être honnête, entre un Eddie Van Halen et un Stevie Vai, je serais incapable de reconnaître Richie. Tu peux aller dans chacune des villes américaines et tu trouveras au moins un guitariste de ce style dans un petit club. Aujourd'hui tout le monde a l'air de vouloir jouer comme ça et c'est assez triste à mon sens. GW : Pourquoi avoir accepté de jouer avec Sambora, dans ce cas ? Eric Clapton
: Je me suis fait pièger (rires). Si je raconte toute l'histoire
je risque de blesser Richie, mais je ne peux pas dire que l'idée
est venue de moi. Il m'a contacté par l'intermédiaire
de mon batteur. Lorsque nous étions en Amérique du Sud,
Steve (Ferrone) m'a donné une lettre et une cassette. Dans sa
lettre, Richie m'expliquait longuement à quel point mon jeu de
guitare comptait pour lui. Il en rajoutait énormèment
et ma tête manquait d'exploser. Il terminait en me demandant de
venir le voir dans son studio et éventuellement de jouer sur
le morceau qui figurait sur la cassette. Comment pouvais-je refuser
? GW : L'idée de départ de Richie semblait être de suivre une démarche relativement proche de la tienne afin d'aller à contre courant des guitaristes actuels, avec une musique qui pour lui était une sorte de blues modernisé. Préfères-tu la démarche de Gary Moore qui respecte nettement plsu les structures traditionnelles ? Eric Clapton : Si un guitariste ne sait plus vraiment dans quelle direction aller avec sa technique, la meilleur chose à faire est de trouver un son fabuleux. Je pense que Gary Moore va beaucoup plus dans ce sens. Je suis très impressionné par son travail dans le domaine du son. Mais comme pour Richie, je reste convaincu qu'il lui faut tout de même épurer sa musique et trouver un jeu plus élémentaire, plus essentiel. GW : As-tu réfléchi à ce que tu allais entreprendre après les concerts au Japon ? Eric Clapton : Le prochain projet que je vais essayer de mener à bien ira dans une direction très différente. Après ce qui est arrivé à mon fils, mon poitn de vue a changé sur énormément de chose. J'ai commencé à réaliser que je pouvais écrire des chansons sans me soucier de ce qu'en pensera ma maison de disques. Si un responsable vien en studio et qu'il n'aime pas ce que je fais, cela ne changera rien. Je ne crois pas avoir eu une confiance en moi suffisante avant cela. Mon ambition est dinc d'écrire une série de chansons dédiés à mon fils. Je ne crois pas que ce sera un gros succès commercial, mais ce projet est devenu vital pour moi. Après tout, qu'est-ce qui compte de plus ? Que je me concentre sur mes propres responsabilités ou que je me contente de faire plaisir aux gens.? Maintenant je sais que le premier point est le plus important. J'écris mes nouvelles chansons sur ma guitare espagnole et mon jeu est complètement transformé. Ce n'est pas très accrocheur, ce serait plutôt un reflet de ma sensibilité. Ce sont des chansons très simples et je rêve de pouvoir enregistrer tout l'album avec seulement ma guitare espagnole. J'espère que ceux qui comprendront ma démarche l'achèteront. GW : Il y a un an encoretu expliquais que tu ne travaillais plus du tout la guitare en dehors du studio ou de la scène, cela a donc changé ? Eric Clapton
: Oui, j'ai ma guitare ici dans ma chambre. Je ne peux plus la quitter.
Depuis la mort de mon fils je ne vais nulle part sans elle. C'est ma
compagne. Si je suis un peu perdu ou déprimé, je la prends
et j'y trouve tout de suite un certain apaisement. GW : Dans le magazine Rolling Stones, tu expliques que le blues et le rock sont en train de mourir à petit feu, en es-tu convaincu ? Eric Clapton : Oui, ce qu'Andy Warhol a prédit il y a quelques années était une effrayante prémonition. Il affirmait que tout le monde voulait être célèbre pour un quart d'heure.C'est devenu la seule ambition de la majorité des jeunes musiciens et artistes de toutes disciplines. Ils cherchent à être reconnus le plus rapidement possible. Et s'ils disparaissent aussi vite ce n'est pas un drame. C'était plus ou moins leur volonté. Je pense que ce phénomène affecte gravement la musique et les arts à travers le monde. La renommée et l'argent n'ont rien à voir avec le fondement d'un art. Certains ont réagi? Mais ils sont peu nombreux. En général, ils ont écouté le rock des années 60 et ils ont effectué un retour en arrière pour comprendre d'où tout cela est venu. GW : A aucun moment tu n'as éprouvé de tentation ? Eric Clapton : Je n'ai jamais vraiment compris ce désir de gloire ou de célébrité. C'est entouré d'une telle vanité et d'émotions superficielles... Cela ne peut pas être négatif. Pour autant que j'ai pu apprécier l'ascension de Madonna, c'est vraiment le genre d'aventure qui me laisse relativement indifférent. Je ne me sens pas du même monde. Nous en suivons pas le même chemin. La célébrité et l'opulence ont même représenté des obstacles à franchir pour pouvoir reprendre une guitare et jouer correctement. Si tu es vraiment persuadé d'avoir trouvé tout ce que tu cherchais, pourquoi as-tu envie de jouer de la guitare ? Pour dire quoi ? le succès est alors comme une guérision. il comble un vide, mais il faut savoir s'arrêter. Car dans le même temps, il devient comme une maladie. On associe la fortune avec des satisfactions matérielles, mais la vrai richesse est à l'intérieur.
Jean-Pierre Sabouret
Cette page a été
réalisée par Vuibert Jérôme le
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